«Reconstruire
les traces»
Le
champ de l'imagination reste ouvert face à l'aspect encore
vierge des tableaux de Salam Omar: se purifier et recommencer
tout de nouveau pour «Reconstruire les traces» de
Beyrouth, corps dévasté par la guerre. Les ruines
se transforment en discours esthétique sur les images
de l'avant et de l'après Beyrouth.
Les couleurs neutres des tableaux sont celles de la ville mais
également celles de la terre, avec le retour au passé,
à l'origine. Des traits horizontaux viennent parfois
briser la régularité du format des tableaux, comme
un espoir qui jaillit du milieu du drame.
Mais les tableaux de Salam Omar sont avant tout un travail de
matière.
Les supports des tableaux sont des boîtes couvertes de
plâtres qui rappellent les briques de construction. Matière
et sujet sont le corps et l'âme de l'uvre. Ainsi,
l'artiste traite du sujet de la reconstruction en utilisant
les matériaux mêmes de la construction. Chaque
uvre est l'aboutissement d'une succession d'étapes.
La matière est un ensemble de couches qui sentassent,
une accumulation d'éléments, de parties de murs
et de rues de Beyrouth, de traces de la mémoire du passé.
Cette exposition reflète un nouvel aspect du travail
de Salam Omar.
L'épuration de plus en plus accentuée et sa nouvelle
palette de couleurs promettent la découverte des autres
facettes de cet artiste.