Linstallation intitulée "Les agglomérations"
sinspire directement dun séjour récent
au Liban. Le titre de linstallation évoque les "concentrations
dhabitations" que constituent les villes et villages
de ce pays qui, à plus dun égard, ma
fasciné; il suggère également lidée
dun parcours à travers ces espaces et ces lieux.
Il qualifie en même temps le projet dans sa forme et sa
substance: une accumulation déléments, de
fragments disparates et éclectiques, qui sagglutinent
en formant des objets et des "zones" hétérogènes.
Ce sont tantôt des photographies, des esquisses, des études,
des dessins, des fragments peints, des notes de voyage, de petits
tableaux
tout ce que jai ramené du Liban dans
mes bagages et dans ma tête.
Lensemble sorganise à partir dun jeu
dassociations formelles et sémantiques, où
sintègrent les divers éléments et médiums.
Néanmoins, tout au long de la réalisation du projet
et dans sa facture même, une règle stricte simpose,
comme un interdit et un inter-dit: ce travail dagglomération
exclut obligatoirement lusage dun et dun seul
élément du langage plastique, la ligne verte. Cette
restriction discrète dans lusage de la couleur et
de la forme confère subrepticement à linstallation
une dimension supplémentaire, quasi-politique, traduisant
également pour moi un espoir et une solidarité que
jentretiens à légard de Beyrouth et
de ses gens, mais aussi de toutes ces villes et communautés
marquées par les conflits et la violence.
Il nest certes pas aisé, pour un regard extérieur,
de sautoriser à traiter de cette charge de violence
encore inscrite sur les murs de Beyrouth mais que la reconstruction
tend à effacer et dans le paysage libanais. Cela
doit être fait, je crois, sans déni, sans voyeurisme
et sans pathos. "Les agglomérations" évoque
la multiplicité et la richesse dune culture, dun
territoire. Elle incarne en même temps une sorte de rêve
éveillé, celui dun territoire exempt à
jamais de toute ligne verte.
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