«Phases»
de FLAVIA CODSI
Née
à Beyrouth en 1961, Flavia Codsi est une artiste autodidacte.
Après avoir suivi des études en décoration
d'intérieur, elle exécute des projets de perspectives
d'intérieur et des trompe-l'il. Elle s'adonne également
à la peinture et participe à plusieurs expositions
collectives. Elle remporte consécutivement trois prix
au musée Sursock: en 1994, le prix Dorothy Salhab Kazemi;
en 1995, la mention spéciale du jury; et en 1996, le
prix du musée. Encouragée par ces distinctions,
elle décide de dédier plus de temps à la
peinture tout en poursuivant des projets parallèles,
tels que l'illustration du livre pour enfants "Les maisons
de Beyrouth" de Nayla Audi en 1998.
Depuis deux ans, elle se consacre entièrement à
la peinture.
L'exposition
«Phases» de Flavia Codsi s'impose par son style
particulier. Celui-ci renouvelle le regard usé que le
spectateur contemporain porte sur la peinture figurative. Les
personnages extrêmement réalistes de l'artiste,
techniquement irréprochables, poussent l'attention du
spectateur vers les détails du corps minutieusement représentés,
comme un muscle tendu ou une veine qui transparaît. Ces
figures vont au-delà de plates imitations, puisqu'elles
ne sont pas une fin en soi, mais un moyen de communiquer des
émotions, des tensions, des questionnements
En
somme, toutes les composantes de la psyché humaine. Le
réalisme agit comme un miroir envers le spectateur qui
se reconnaît à travers les comportements dépeints
par l'artiste. Ceux-ci sont issus de différentes «phases»
que l'artiste a traversé durant les 8 mois d'élaboration
de l'exposition. Ainsi, différents états d'esprit
transparaissent dans certains ensemble de tableaux, où
l'on peut percevoir des atmosphères similaires par des
constructions ou des sujets qui se regroupent, comme les deux
portraits imposants de femmes, l'une assise avec un verre et
l'autre tenant un couteau. Ou encore le triptyque représentant
trois personnages les cheveux au vent, comme une même
image découpée en plusieurs moments mais qui garde
une unité sensible grâce au vent. Ces ensembles
témoignent de la recherche dimpacts et d'impressions
variés, toujours transcrits par le traitement stylistique
propre à l'artiste. Dans celui-ci, l'accent est mis sur
le corps et l'action du personnage, dénués de
contexte ou de décor illusoire, afin de dégager
une profondeur psychologique. L'aspect quasi photographique
des tableaux de Flavia vient aussi du fait qu'elle les perçoit
d'abord comme images mentales, issues de sa sensibilité
et de son vécu, et qu'elle tente de reproduire dans la
réalité. L'acuité de ces images tranche
avec les fonds bidimensionnels, qui laissent transparaître
la matière et qui dénoncent, tout en la complétant,
la tridimensionnalité des figures. L'espace que ces fonds
procurent devient un support essentiel pour le sujet représenté
et donne une ambiance unique au tableau. La peinture de Flavia
joue ainsi sur la réalité ou l'illusion du détail
et sa charge symbolique. L'effet qui s'en dégage est
saisissant.